lundi 5 janvier 2015

Le rôle d'armes de Zurich / Zürcher Wappenrolle

L'université de Fribourg (Suisse) a eu la très bonne idée de mettre en ligne le rôle d'armes de Zurich, en haute définition, le 18 décembre 2014, via son site "e-codices" (ici).
     Cela va nous permettre d'admirer ce magnifique armorial, si particulier en raison de la nature de son support.
     Le rôle d'armes de Zurich ou Zürcher Wappenrolle est daté des années 1330-1345. Il se trouve au Schweizerisches Nationalmuseum, sous la cote AG 2760.
N.B. Mis à jour le 7 janvier 2005.
23 Deutches Reich/Empire romain germanique -- 24 Frankreich/France -- 25 Böhmen/Bohême
(deuxième fragment, début du recto du f°2)
• Présentation sur e-codices
«L'armorial de Zürich, en parchemin, est l'un des documents les plus importants et les plus exceptionnels de l'héraldique médiévale. Le rouleau se compose aujourd'hui de quatre parties de longueur différente qui peuvent être assemblées dans un long rouleau de quatre mètres. Des deux côtés du rouleau, sont présentées 559 armoiries – chacune surmontée d'un cimier – de la haute et basse noblesse du nord de la Suisse, de l'Allemagne méridionale et de l'Autriche occidentale. Les noms sont inscrits à côté de chaque écu. En outre, il y a 28 bannières d'évêchés et de monastères allemands.
     L'ordre des quatre parties actuelles, qui ont été assemblées par des coutures à partir de 13 feuillets de parchemin, est déterminée comme suit : la partie I (36,5 cm) contient les armoiries des évêchés et des monastères au verso (numérotation Merz-Hegi : I-XXVIII; la numérotation originale date du 16ème ou 17ème siècle) et au recto 22 blasons de nobles (1-22). Les parties II et III (255,5 cm) étaient encore cousues ensemble en 1930. La partie II, constituée de quatre feuilles de parchemin, contient au recto les armoiries 23-104 et 108-114 et au verso les armoiries 214-220 et 224-308. La partie III, composée de trois feuilles de parchemin cousues ensemble, contient au recto les armoiries 105-107 et 115-162 et au verso les armoiries 163-213 et 221-223. La quatrième partie (109 cm), composée de cinq feuilles de parchemin assemblées entre elles, contient au recto les armoiries 309-378 et, au verso, les armoiries 379-450. 
     L'armorial est incomplet; en effet il manque, dans la quatrième partie, 109 armoiries qui sont connues grâce à une copie du rouleau datant du XVIIIe siècle.
     Il fut probablement réalisé à Zürich ou dans la région du Lac de Constance et date d’entre 1330 et 1345. Le style d’exécution rappelle celui du Codex Manesse, un recueil de poésie courtoise en langue allemande accompagné de 137 miniatures, peint à Zürich et antérieur de peu. 
    Avant d’être déposé dans le Musée National Suisse par la Société d’antiquités de la ville, il fut en possession de l’historien et naturaliste zurichois Jacob Scheuchzer (1672-1733). »

• Autres informations importantes
Comme indiqué ci-dessus, ce rôle d'armes, composé d'un seul rouleau de parchemin, nous est parvenu aujourd'hui sous la forme de quatre morceaux (comprenant chacun un ou plusieurs folios cousus) pour un total de 478 bannières et écus peints. 
     La numérotation que l'on rencontre habituellement est celle de Merz & Hegi (1930) qui ne correspond malheureusement pas à la succession des écus comme ils se présentent dans les différentes parties autrefois constitutives d'un tout, chaque rangée étant homogène et la première rangée devant donc être parcourue en entier avant de lire la seconde. Le recto étant parcouru, la suite sera trouvée au verso (à l'exception du verso du premier fragment composé uniquement des bannières des évêchés/monastères). 
     Une question se pose : à quoi correspond la différence entre le nombre total donné par Merz et Hegi (450+28=478) et le total annoncé dans la présentation en ligne de l'armorial (559+28=587) ? Il semblerait qu'aient été comptées, dans le total de 587, les 109 armoiries disparues, comprises chez Merz & Hegi (recopiées d'après Runge qui avait restitué leur dessin d'après la copie du XVIIIe s. et qui leur avait attribué les numéros 451 à 559).
     Je présenterai une illustration légendée extraite de chacun des quatre fragments recto et verso, en restituant la succession recommandée par S. Clemmensen (1r, 2r, 3r, 4r, 4v, 3v, 2v, 1v). Plutôt que de créer une nouvelle et troisième numérotation, celui-ci a préféré garder la numérotation de Runge, plus "logique" que celle de Merz & Hegi (en gardant en mémoire que le verso du premier fragment est numéroté en dernier, ce qui signifie "après les écus disparus/restitués du quatrième fragment"…). 
     Ce qui complique le système d'équivalence entre les numérotations, est le fait que le rouleau est actuellement présenté en quatre fragments là où tous les spécialistes n'en identifiaient que trois (les fragments 2 et 3 formaient encore un seul morceau en 1930 et le quatrième morceau dont a été perdu l'extrémité était alors le numéro 3…).
     L'armorial présente en premier lieu les armes des rois contemporains (armes ayant été réellement portées) et de rois anciens ou habitant des pays lointains (armes imaginaires), puis celles de la noblesse des régions proches de Zurich (nord de la Suisse, sud de l'Allemagne et ouest de l'Autriche), pour finir par les bannières des évêchés et monastères correspondants à ces régions.
     Pour chaque fragment, je rappellerai la numérotation utilisée par Runge [R], en comparaison de celle choisie par Merz & Hegi [M&H].

f°1 recto [R 1-11 (haut) et 116-126 (bas) // M&H 1-22] 
5 Corse? -- 6 [Satrapey] province de Perse ? -- 7 Perse, secte des Assassins --
8 Dänemark/Danemark -- 9 England/Angleterre
f°2 recto [R 12-55 (haut) et 127-171 (bas) // M&H 23-104 et 108-114]
37 Fürstenberg/Furstemberg -- 38 Schelklingen -- 39 Hirschberg -- 40 Helfenstein -- 41 Castell
f°3 recto [R 56-80 (haut) et 172-197 (bas) // M&H 105-107 et 115-162]
71 Ringenberg -- 72 Ramsberg -- 73 Om -- 74 Greifenstein -- 75 Kirneck
f°4 recto [R 81-115 (haut) et 198-232 (bas) // M&H 309-378]
207 Tosters -- 208 Werstein -- 209 Grünenstein -- 210 Wunnenberg -- 211 Fürst von Hirscheck
f°4 verso [R 233-268 (haut) et 342-377 (bas) // M&H 379-450]
254 Stebenhaber -- 255 Schifer -- 256 Rizner -- 257 Sammletshofen -- 258 Brümsi
f°3 verso [R 269-295 (haut) et 378-404 (bas) // M&H 163-213 et 221-223]
273 Reinhartsweiler al. Regnoltsweiler al. Regentsweiler -- 274 Bartenstein --
275 Stoffeln von Hohenstoffeln -- 276 Alstätten -- 277 Aichhaim al. Aichan al. Eichen
f°2 verso [296-341 (haut) et 405-450 (bas) // M&H 214-220 et 224-308]
334 Hünerhusen -- 335 Neufrach al. Niuveron -- 336 Bühl -- 337 Schönbühel ? -- 338 Neidegg
f°1 verso [R 560-573 (haut) et 574-587 (bas) // M&H 569-587]
574 St. Gallen/Saint-Gall (monastère) -- 575 Chur/Coire (évêché) -- 576 Kempten (monastère) --
577 Augsburg/Augsbourg (évêché) -- 578 Würzburg/Wurzbourg (évêché)

• Différentes éditions savantes et article de fond
-- 1860, RUNGE (Heinrich ed.), Die Wappenrolle von Zürich. Ein heraldisches Denkmal des vierzehnten Jahrhunters, Zürich: Der Antiquarischen Gesellschat in Zürich, 25 pl. coul. pour 559 items, sans compter les bannières (consultable ici). [R]
-- 1881, HOHENLOHE-WALDENBURG (Fürst Friedrich-Karl zu), Culturhistorische Bilder aus der Züricher Wappenrolle, Heraldisch-genealogischen Vereines Adler zu Wien 8, p. 1-17. [Merci à B. Peeter pour la référence]
-- 1930, MERZ (Walther), HEGI (Friedrich) et alii eds, Die Wappenrolle von Zürich. Ein heraldisches Denkmal des vierzehnten Jahrhunderts, in getreuer farbiger Nachbildung des Originals, mit den Wappen aus dem Hause zum Loch,  Zürich: Der Antiquarischen Gesellschat in Zürich, avec renumérotation de la totalité des armoiries (mis en ligne en 2014 ici par l'ULB de Düsseldorf). [M&H]
-- 1986, POPOFF (Michel, ed.), Le rôle d'armes de Zurich, Paris: Le Léopard d'or, avec planches en N&B reprises de Runge. 
-- 1996, BIGALSKI (Gerrit), The Zürich Roll of Arms. En ligne ici. 22 frames with photographs of the 450 arms and 28 banners of the surviving roll, scanned from M&H.
-- 2009, CLEMMENSEN (Steen, ed.), The Zürich armorial (Wappenrolle von Zürich), Adapted, with amendments, from the editions by Gerrit Bigalski (1996), Michel Popoff (1986), Walther Merz & Friedrich Hegi (1930), Heinrich Runge (1860) (consultable en ligne en pdf sur son site).

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